Le mouvement des lycéens se structure à partir du 21 septembre (premiers blocages le 18 septembre) autour du lycée Saint-Exupéry de Créteil dans le Val-de-Marne. Les élèves, rejoints par des parents et des enseignants, protestent contre le manque de moyens local. À partir du 28 septembre, la colère se propage en Île-de-France puis à l’ensemble du pays. Elle converge le 29 septembre avec une journée de manifestation nationale de la fonction publique. Le mouvement s’amplifie ensuite jusqu’au 2 octobre, (avant-veille de notre communiqué) avec 735 établissements perturbés.
Nous avons subi dans nos corps, nos vignes, nos champs, nos serres, nos vergers, et toujours auprès de nos bêtes les conséquences désastreuses d’un été trop chaud, ici dans les Corbières comme partout en France. Nous sortons suffoquants de notre saison culturale et recevons en plein visage la gifle de la violence policière qui s’abat sur nos jeunes et leurs familles. Dans nos campagnes, le désengagement de l’État provoque la même désolation que dans les villes. L’effondrement des moyens alloués à celles et ceux qui veillent sur nous, qu’ils soient pompiers, soignants, enseignants et personnels associés, engage la possibilité de continuer à vivre dans nos territoires ruraux.

Le Tiers-lieu paysan Beauregard se rallie au mouvement de révolte contre les violences insupportables commises sur nos jeunes, leurs familles et les personnels de l’enseignement. Nous appelons nos membres, nos groupes d’action et nos sympathisants à rejoindre le mouvement de lutte. Nous dénonçons les politiques publiques agricoles qui depuis plus de soixante-dix ans condamnent les paysannes, les paysans, leurs fermes et les communautés qu’elles composent. Nous appelons à la transformation du modèle agricole et alimentaire qui se fera en engageant une transformation sociale radicale.
Partout la colère gronde. Qu’elle soit aujourd’hui menée par des adolescentes et adolescents devrait éclairer le pouvoir sur les enjeux socio-politiques qui se nouent. La réponse apportée à leurs revendications légitimes est celle d’une répression totale dont la disproportion témoigne d’un pouvoir aux abois. Les rapports de domination que nous subissons dans les territoires populaires ruraux et urbains sont le fait de politiques réactionnaires qui servent les intérêts d’une minorité de privilégiés et qui condamnent notre capacité à agir collectivement pour faire société. Le fascisme se dresse devant nous, il a une matraque à la main et il fracasse des corps juvéniles dont il ne soupçonne pas la puissance transformatrice. Nous appelons à une lutte des classes assumée et professons que la suite ne se fera pas sans nous.