FAQ : aux racines du conflit Corbières Solidaires Grands Feux


La formidable action Corbières Solidaires Grands Feux a été initiée au Tiers-lieu paysan Beauregard (TLPB) et a d’abord été coordonnée pendant quatre semaines par deux professionnels de l’action humanitaire (intervenant bénévolement) recrutés dans le réseau militant de L’Atelier Paysan. Elle a ensuite été coordonnée jusqu’au 8 décembre par un collectif de six personnes au sein duquel des divergences sont progressivement apparues. Une séparation a été actée le 16 février 2026 qui a eu pour effet de dissocier une partie des membres de cette coordination du TLPB. Les uns parce qu’ils et elles souhaitaient poursuivre en groupe informel autonome, les autres, parce qu’ils et elles pensaient le temps de l’urgence révolu et souhaitaient concentrer leurs énergies sur la structuration du TLPB et des chantiers participatifs à mener dans les Corbières. Un conflit est né sous les yeux médusés de nombreux bénévoles qui sont restés avec beaucoup de questions auxquelles nous espérons ici apporter des réponses.

Sommaire

Q1 – Le TLPB a-t-il abandonné définitivement les chantiers solidaires ?

Q2 – Le TLPB finance-t-il ses actions avec la cagnotte récoltée en ligne pour les sinistrés ?

Q3 – Quelles sont les sources des dons récoltés pendant l’élan de solidarité ?

Q4 – Comment a été utilisé par le TLPB l’argent obtenu pour la solidarité post-feux de l’été 2025, jusqu’à présent ?

Q5 – Où en est l’utilisation des fonds récoltés pour l’action de solidarité et de régénération post-feux ?

Q6 – D’où vient le nom Corbières Solidaires Grands Feux ?

Q7 – Pourquoi les décisions sur l’usage des fonds et du matériel ne sont pas confiées à une assemblée de bénévoles ?

Q8 – Le TLPB opère-t-il une hiérarchie entre bénévoles selon l’intensité de leur investissement ?

Q9 – Peut-on avoir accès aux compte-rendu et aux bilans de l’action ?

Q10 – Pourquoi a-t-on évoqué la rémunération d’un coordinateur et qu’a-t-il été vraiment décidé ?

Q11 – Le TLPB a-t-il financé de la coordination en 2025 ?

Q12 – Pourquoi la coordination ne relève-t-elle pas toujours du bénévolat ?

Q13 – La rivalité entre égos est-elle une juste lecture des tensions entre des bénévoles intensifs engagés dans la même cause ?

Q14 – CSGF était-il un groupe d’action du TLPB ou un collectif autonome ?

Q15 – Pourquoi le Tiers Lieu a t il la maîtrise physique des sommes et où en est on aujourd’hui ?

Q16 – La Ferme Beauregard a-t-elle facturé de façon rétroactive au TLPB ?

Q17 – Qui peut facturer et quelles règles encadrent la rétroactivité ?

Q18 – Le TLPB s’est-il désengagé du sujet des grands feux ?

Q19 – Le TLPB s’est-il désengagé de l’action d’urgence ?

Q20 – Y a-t-il des divergences politiques réelles à la racine du conflit ou juste des guerres d’égo ?

Q1 – Le TLPB a-t-il abandonné définitivement les chantiers solidaires ?

Non. Les chantiers solidaires restent un outil important du TLPB. Dans l’urgence post-feux, en 2025, ils ont permis de répondre rapidement à des besoins identifiés sur le terrain. Suite au ralentissement puis à l’interruption de l’action d’urgence l’hiver passé, le TLPB a inscrit ces actions dans une dynamique plus durable d’entraide, de mutualisation et d’autonomie paysanne. Les chantiers sont désormais intégrés dans des groupes d’action identifiés, avec un cadre plus stable, des responsabilités clarifiées et une articulation avec le projet associatif du TLPB. Nos groupes d’action, notre capacité de mobilisation bénévole, et notre matériel sont une ressource possible pour toute initiative solidaire à caractère plus humanitaire. Les chantiers participatifs engageant des bénévoles sont pilotés par le groupe d’action de L’Atelier Partagé et les chantiers réalisés entre agriculteurs professionnels dans le cadre reconnu par le droit du travail de « l’entraide agricole » sont pilotés par le groupe d’action Mutualisation et Entraide.

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Q2 – Le TLPB finance-t-il ses actions avec la cagnotte récoltée en ligne pour les sinistrés?

Non. La cagnotte en ligne Corbières Solidaires Grands Feux a été collectée exclusivement pour soutenir les personnes et les exploitations touchées par les incendies. Son usage fait actuellement l’objet d’un travail délibératif mené par un groupe d’action du TLPB qui s’appelle le Groupe d’habitants. La mission de ce groupe consiste à décider de manière sociocratique et « en connaissance de cause », c’est-à-dire en s’appuyant sur les besoins réels et les priorités exprimées par les sinistrés eux mêmes. Voir la chronique retraçant les étapes de ce processus de décision.

Les dépenses liées au fonctionnement courant du TLPB relèvent de ses ressources propres. La distinction entre fonds de solidarité et financement des actions du TLPB est maintenue avec clarté et transparence.

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Q3 – Quelles sont les sources des dons récoltés pendant l’élan de solidarité ?

Les moyens financiers récoltés pour l’action Corbières Solidarité Grands Feux proviennent de plusieurs sources complémentaires : deux fondations (40 000 € cumulés), des collectivités territoriales (11 500 €), des dons de particuliers et d’organisations (10 541 €), ainsi que des recettes propres du Tiers Lieu Paysan Beauregard réaffectées à l’action (environ 4 000 €). À ces financements s’ajoute la cagnotte en ligne Corbières Solidaires Grands Feux de près de 41 800 € gérée selon une gouvernance spécifique associant les premiers concernés.

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Q4 – Comment a été utilisé par le TLPB l’argent obtenu pour la solidarité post-feux de l’été 2025, jusqu’à présent ?

L’action Corbières Solidaires Grands Feux a permis de mobiliser environ 66 000 € de financements destinés au soutien de l’action collective, indépendamment de la cagnotte citoyenne distincte de 41 800 € gérée selon une gouvernance spécifique associant les premiers concernés .

L’action a également permis la collecte de nombreux dons comme de l’alimentation, des semences ( dons évalués à 55 000 €), la mise à disposition gratuite de la base arrière, du matériel (sous forme de prêt) et une grand mobilisation de bénévoles dont peu ont demandé l’indemnisation des frais proposés à ce moment là. L’action a pu se faire avec peu de moyens financiers.

À ce jour, moins de 12 000 € ont été mobilisés directement par le TLPB pour couvrir des dépenses effectivement engagées pendant les seize semaines de mobilisation : accueil et hébergement des bénévoles, alimentation, assurances, fonctionnement de la base arrière, premiers achats et transports de semences, remboursements ponctuels de frais de bénévoles ainsi que certaines prestations techniques réalisées pour les opérations de semis.

À l’inverse, de nombreuses contributions de la ferme Beauregard n’ont donné lieu à aucune indemnisation. Il n’y a pas eu de perception de loyer pour la mise à disposition de la maison pendant quatre mois, pas de remboursement du carburant des véhicules prêtés par la ferme et par L’Atelier Paysan, pas de rémunération du temps de coordination de l’action Corbières Solidaires Grands Feux. Certains moyens matériels mobilisés (tracteurs, élévateurs) n’ont donné lieu à une facturation seulement quand ils étaient pilotés par des salariés de la ferme (jamais quand c’est Nicolas qui les conduisait) et le tarif appliqué était solidaire, excluant toute marge bénéficiaire pour la ferme.

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Q5 – Où en est l’utilisation des fonds récoltés pour l’action de solidarité et de régénération post-feux ?

Plus de 7 300 € ont d’ores et déjà été redistribués à des associations amies ayant contribué spontanément à l’action de solidarité Corbières Solidaires Grands Feux.

D’autres associations ayant contribué à travers des moyens ou des personnes ont été sollicitées pour la proposition d’une redistribution d’une part des fonds, mais ont considéré que leur contribution devait essentiellement se comprendre comme une participation d’individualités bénévoles, même si deux associations restent associées aux discussions sur les usages de certains fonds.

Le TLPB a ouvert un dispositif d’indemnisation rétrospective de bénévoles individuels d’une enveloppe potentielle de 10 000 € des frais pour permettre de rembourser certains frais personnels de certains bénévoles ne s’étant pas saisis de l’opportunité proposée dès la deuxième semaine de l’action au mois d’aout 2025. Le TLPB ne rémunère pas le travail bénévole. Par contre, nous remboursons le coût de fonctionnement aux bénévoles qui ont engagé des moyens qui leur sont propres.

Le solde des financements de plus de 30 000 € demeure disponible pour accompagner la poursuite des actions de solidarité, de réparation, de régénération et de prévention des feux dans les Corbières. Dans un territoire où les conséquences des incendies se feront sentir bien au-delà de l’urgence de 2025 et où de nouveaux épisodes critiques sont malheureusement prévisibles, le choix a été fait de préserver des capacités d’action.

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Q6 – D’où vient le nom Corbières Solidaires Grands Feux ?

Le nom Corbières Solidaires Grands Feux a été choisi par le CA du TLPB au moment du lancement de l’élan de solidarité après les grands feux de l’été 2025. Il a d’abord désigné le nom de la cagnotte en ligne mise en place par le TLPB le vendredi 8 août avant de désigner plus globalement la mobilisation collective initiée depuis Beauregard pour soutenir les personnes touchées et organiser une réponse solidaire sur le territoire des Corbières.

Depuis, une association essentiellement composée d’anciens bénévoles ayant agi avec et depuis Beauregard l’an passé a décidé de reprendre ce nom, malgré les objections répétées du TLPB, qui regrette une appropriation de ce commun, qui va au-delà du nom, avec des actes publics de dénigrement ou d’effacement du TLPB. Mais ce dernier n’a pas jugé utile, à date, d’engager du temps ou des moyens dans la lutte juridique sur ce point.

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Q7 – Pourquoi les décisions sur l’usage des fonds et du matériel ne sont pas confiées à une assemblée de bénévoles ?

Les décisions concernant l’usage des fonds et du matériel relèvent d’une responsabilité collective qui doit être assumée dans un cadre clair, transparent et légitime. Le bénévolat est essentiel, mais la gestion de ressources financières ou matérielles implique aussi des obligations de gouvernance, de traçabilité et de responsabilité associative.

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Q8 – Le TLPB opère-t-il une hiérarchie entre bénévoles selon l’intensité de leur investissement ?

Non. Le TLPB reconnaît la diversité des formes d’engagement bénévole. Certaines personnes ont pris des responsabilités plus importantes dans la coordination, la logistique ou l’animation des actions, mais cela ne constitue pas une hiérarchie de valeur entre bénévoles. Chacun·e contribue selon ses possibilités et ses disponibilités.

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Q9 – Peut-on avoir accès aux compte-rendu et aux bilans de l’action ?

L’action a été régulièrement documentée pendant toute la durée de la phase d’urgence :

Un bilan technique a été publié après la phase d’urgence et juste avant notre assemblée générale du 10 janvier 2026 :

Au-delà de ces comptes rendus, le TLPB a procédé aux mois de février et mars à un bilan avec les personnes engagées dans la coordination, grâce à l’appui d’un dispositif externe (avec l’association TRAME). Mais les dissensions ont perturbé la production et la circulation d’un bilan unifié et consensuel.

Des plaidoyers ont été publiés avant et après l’action qui précisaient sa portée politique :

Nous avons aussi commencé à publier un journal de bord de l’action :

Enfin, nous avons publié un article qui précise notre volonté d’inscrire la réalisation de chantiers participatifs en dehors de toute situation d’urgence :

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Q10 – Pourquoi a-t-on évoqué la rémunération d’un coordinateur et qu’a-t-il été vraiment décidé ?

Pendant l’action d’urgence de l’année 2025, aucun poste de coordination de l’action CSGF n’a été rémunéré. Assez tôt dans les premières semaines, l’action a bénéficié d’une coordination de qualité professionnelle grâce à des volontaires expérimentés d’une Organisation Non Gouvernementale spécialisée dans l’action d’urgence humanitaire sur des théâtres de guerre ou de catastrophe naturelle. Il et elle ont été mobilisés par le réseau militant du TLPB : un appel au renfort de la coordination de l’action qui s’appelait déjà Corbières Solidaires Grands Feux a été diffusé le vendredi 15 août 2025, soit 6 jours après le début de l’action.

Avant et après, toute la coordination opérationnelle (accueil des bénévoles, logistique, arpentages, relations avec les partenaires, organisation des chantiers…) a été assurée bénévolement et collectivement par les personnes engagées dans l’action issues du TLPB ou venues le rejoindre ponctuellement dans le cadre de cette action.

Ce travail de coordination étant assez conséquent, certains bénévoles intensifs ont évoqué un besoin cruel d’une coordination rémunérée, surtout une fois tombée la nouvelle de fonds obtenus auprès des fondations. Mais l’association TLPB n’avait pas une gouvernance et une structure suffisamment mûres pour assumer une embauche, et souhaitait déjà réduire la voilure sur l’action d’urgence.

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Q11 – Le TLPB a-t-il financé de la coordination en 2025 ?

Oui. Le TLPB a obtenu des financements dédiés pour sa structuration et son émergence en parallèle de la collecte spécifique pour l’action d’urgence. L’objectif pour le TLPB était de permettre le lancement de l’association et la construction de sa gouvernance.

Une indemnisation correspondant à environ un quart-temps annuel a été validée pour 2025. Personne n’a été salarié pour occuper ce poste qui a été confié à la ferme Beauregard qui est intervenue comme prestataire pour permettre l’émergence du TLPB,

Cette affectation d’une partie des fonds récoltés pour le fonctionnement du TLPB (et non pour l’action CSGF) a été validée par le Conseil d’administration en appliquant la procédure de gestion des conflits d’intérêts : les personnes concernées directement impliqués dans la gestion de ferme Beauregard n’ont participé ni aux discussions ni à la prise de décision.

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Q12 – Pourquoi la coordination ne relève-t-elle pas toujours du bénévolat ?

Participer à une action et coordonner une action sont deux contributions également essentielles, mais elles ne recouvrent pas les mêmes responsabilités.

La coordination ne consiste pas seulement à « organiser les bénévoles ». Elle implique de garantir la continuité de l’action : accueillir les nouveaux arrivants, suivre les chantiers, assurer les relations avec les partenaires, gérer les informations, les assurances, les conventions, le matériel, les dépenses, la sécurité ou encore la mémoire collective du projet. C’est aussi le travail qui permet ensuite de rendre des comptes aux bénévoles, aux personnes sinistrées, aux donateurs ou aux bailleurs.

Lorsque ces responsabilités deviennent permanentes, qu’elles occupent plusieurs jours par semaine pendant plusieurs mois et qu’elles conditionnent le fonctionnement de toute l’organisation, elles deviennent difficiles à assumer durablement sur le seul temps libre d’une personne. Ce n’est pas parce que cette contribution aurait plus de valeur que les autres, mais parce qu’elle demande une disponibilité, une continuité et une responsabilité particulières.

Le choix de professionnaliser une telle fonction ne revient donc pas à rémunérer un engagement militant plutôt qu’un autre. Il consiste à donner au collectif les moyens de fonctionner dans la durée, tout en permettant à l’ensemble des bénévoles de continuer d’agir dans de bonnes conditions.

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Q13 – La rivalité entre égos est-elle une juste lecture des tensions entre des bénévoles engagés dans la même cause ?

L’action s’est construite dans l’urgence, avec une implication exceptionnelle de nombreuses personnes. Certains bénévoles ont assumé, de fait, des responsabilités très importantes de coordination, sans que leur rôle, leur mandat ou leurs limites soient réellement définis. Cette situation a pu générer des attentes de reconnaissance, mais aussi des incompréhensions sur qui décidait au nom de qui et avec quelle légitimité.

Il ne convient pas d’opposer des personnes ou de réduire ces tensions à des questions d’ego. Elles révèlent surtout les limites d’une organisation qui s’est construite très vite, avant que les rôles, les procédures et la gouvernance ne soient suffisamment clarifiés. C’est précisément pour éviter que des désaccords personnels ne portent de nouveau sur les épaules de bénévoles très investis que le TLPB cherche aujourd’hui à professionnaliser certaines fonctions, à clarifier les responsabilités et à mieux distinguer les différents types d’engagement. Cela permet de reconnaître pleinement les contributions de chacun, sans faire reposer sur les personnes seules des questions qui relèvent avant tout de l’organisation collective.

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Q14 – CSGF était-il un groupe d’action du TLPB ou un collectif autonome ?

Corbières Solidaires Grands Feux (CSGF) a été initié par le Tiers-Lieu Paysan Beauregard début août 2025 et géré explicitement par le TLPB comme l’un de ses groupes d’action.

Le 10 janvier 2026, lors de l’AG du TLPB et de la journée de mobilisation, CSGF a été présenté par la coordination de cette action comme un Groupe d’Action du TLPB.

Les jours qui ont suivi, la coordination s’est scindée en deux et une partie de la coordination (4 personnes) a poursuivi son engagement en dehors du cadre proposé par le TLPB, dont 2 personnes administrateur.ices du TLPB (dont le vice-président). Cette évolution a été mal comprise pendant plusieurs semaines. Mais, le 17 février 2026, le CA du TLPB a acté que l’engagement de la partie dissidente de la coordination (quatre personnes, dont certains représentants de collectifs que nous avions considérés comme des partenaires informels) ne s’exerçait plus au sein du TLPB, mais était un groupe informel autonome dans son fonctionnement.

Dès août 2025, puis à nouveau en mars 2026, le TLPB avait proposé un cadre de gouvernance multipartenaire permettant d’associer plus formellement les différentes organisations engagées, notamment pour faciliter certains aspects de la gestion des fonds. Cette proposition n’a finalement pas été retenue, la plupart des organisations estimant au printemps 2026 que leur contribution relevait davantage d’engagements individuels que d’un engagement institutionnel. La réponse reçue par les 2 structures représentées dans le collectif dissident a été de considérer que le mérite revenait exclusivement aux 4 personnes de ce nouveau collectif, qu’il convenait selon eux d’ériger en seuls destinataires de la totalité des contributions financières collectées par le TLPB.

Le TLPB conteste la reprise du nom « Corbières Solidaires Grands Feux » pour la création d’une nouvelle association, mais ne conteste aucunement l’existence d’une nouvelle association qui pourrait agir en complémentarité et non en concurrence.

Corbières Solidaires Grands Feux est le nom qu’a donné le TLPB à la cagnotte en ligne dès le 8 août avant d’accueillir les premiers bénévoles, voir Q6 – D’où vient le nom Corbières Solidaires Grands Feux ? Ce nom a ensuite été donné pour l’action d’urgence menée en 2025 auprès des sinistrés. Cette séquence a confirmé la nécessité de recourir à un dispositif de médiation pour accompagner la clarification et l’apaisement des relations entre structures.

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Q15 – Pourquoi le Tiers Lieu a t il la maîtrise physique des sommes ?

Le TLPB a porté juridiquement et matériellement la collecte de solidarité et il a engagé leur recherche à l’exclusion de toute autre structure, ce qui explique qu’il assure la gestion physique et comptable des sommes. Par volonté de reconnaissance d’autres structures impliquées dans l’action, il a proposé des conventions rétrospectives ou accepté des factures d’indemnisations d’associations. Cette responsabilité implique des obligations de traçabilité, de conservation des justificatifs et de décision dans un cadre collectif qui est celui du TLPB.

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Q16 – La Ferme Beauregard a-t-elle facturé de façon rétroactive au TLPB ?

Pour des raisons de gouvernance et de conflit d’intérêt, la validation des indemnisations de la ferme Beauregard se sont faites après le 10 janvier 2026. La ferme a engagé des moyens à titre bénévole mais a aussi avancé les frais pour le TLPB avant qu’il ne dispose des fonds ou des conditions de gouvernance pour les mobiliser.

Dans tous les cas, il ne s’est agi que d’une indemnisation de dépenses réellement engagées pour rendre possible l’action, et pas d’une rémunération :

  • frais relatifs à l’hébergement pendant 16 semaines des bénévoles (jusqu’à 16 personnes) : eau, électricité, alimentation lorsque les dons étaient insuffisants, prorata d’assurances et de certaines taxes ;
  • mise à disposition du bureau (internet, téléphone, imprimante, scanner,…) ;
  • quelques remboursements ponctuels de matériel ou de déplacements ;
  • achats et transports de semences ;
  • mise à disposition de temps de salariés agricoles et d’un tracteur pour les semis régénératifs ;
  • mise à disposition de temps de salariés agricoles et d’un élévateur pour la logistique des semences.

Toute une partie des moyens engagés est restée entièrement à la charge de la ferme Beauregard ou de la famille Mirouze :

  • le carburant du Kangoo de la ferme ;
  • le temps bénévole de Nicolas sur le tracteur ou l’élévateur ;
  • aucune rémunération pour la coordination de l’action CSGF ;
  • de nombreux frais de fonctionnement assumés sans facturation ou par obtention de la solidarité des fournisseurs ou des partenaires de la ferme (notamment pour les impressions ou le stockage du matériel et des semences) ;
  • aucun loyer n’a été perçu pour la maison mise à disposition pendant quatre mois.

L’indemnisation reçue ne couvre donc qu’une partie des dépenses réellement supportées. C’est à cette fin que la démarche de recherche de fonds a été engagée avec succès. Les moyens obtenus sont aussi mobilisés pour l’indemnisation rétrospective au moins partielle d’organisations et individus ayant engagé des moyens propres, toujours à l’exclusion de toute rémunération rétrospective d’un engagement bénévole.

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Q17 – Qui peut facturer et quelles règles encadrent la rétroactivité ?

Les organisations identifiées ont été invitées à confirmer les moyens mis dans l’action.

Les bénévoles individuels sont invités à revenir vers le TLPB avant le 31 août 2026 : certains par manque de connaissance du dispositif ou manque de conscience des moyens qui seraient finalement disponibles ne s’étaient pas saisis des opportunités offertes d’être indemnisés.

Dans tous ces cas, la tenue de fiche de chantier et le suivi des (demi-)journées de bénévolat permettront un contrôle simple. Une enveloppe maximale de 10 000 euros est fixée pour cette deuxième ronde d’indemnisations individuelles.

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Q18 – Le TLPB s’est-il désengagé du sujet des grands feux ?

Non. Nos actions sont plurielles :

Q19 – Le TLPB s’est-il désengagé de l’action d’urgence ?

Non. Le TLPB est au travail pour définir un protocole d’intervention d’urgence en situation de crise climatique. Ce document précise la méthode d’intervention qui serait mise en œuvre lors de notre prochaine intervention. Il sera diffusé sur notre web au début du mois d’août sous la licence Creative Commons.

Nous avons identifié deux facteurs clés de succès pour ce type d’intervention.

Structurer une coordination professionnelle avec l’intervention d’une personne salariée rompue à l’action humanitaire. Nous avons bénéficié de ce savoir-faire pendant quatre semaines de l’été 2025

Q10 – Pourquoi a-t-on évoqué la rémunération d’un coordinateur et qu’a-t-il été vraiment décidé ? ? Nous avons pu mesurer le bénéfice de l’intervention professionnelle d’une personne en comparaison à la coordination collective de l’équipe de bénévoles qui a suivi.

Composer la gouvernance de l’action avec des collectifs opérant directement depuis la zone sinistrée (caves coopératives, associations de chasseurs, associations d’usagers de l’espace naturel, association de valorisation du patrimoine, collectifs en lutte,…). L’expérience a démontré qu’une gouvernance centrée sur les acteurs du territoire favorise une intervention plus lisible, plus alignée sur les besoins réels et moins exposée aux tensions organisationnelles ou idéologiques qui peuvent émerger lorsque la gouvernance fait trop de place à des structures ou des individualités extérieures, même animées d’une volonté sincère de contribuer.

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Q20 – Y a-t-il des divergences politiques à la racine du conflit ?

Nous voyons des convergences décisives sur l’opposition au système agroalimentaire, la valorisation de l’autonomie technique et la solidarité entre paysans, puis entre paysans et habitants.

Nous avons aussi identifié des divergences de méthode.

  • Les modalités d’organisation et de prise de décision. Il faut, selon le TLPB privilégier la rapidité des prises de décision pendant la phase d’urgence : peu de réunions avec un ordre du jour précis.
  • Sur la volonté d’engager des actions transformatrices. Il faut, selon le TLPB sortir promptement de la phase d’urgence pour engager dès que possible une reconstruction dans le territoire sinistré qui ne soit pas strictement « à l’identique ».

Enfin, des divergences politiques expliquent le conflit.

  • La conception des communs. le TLPB considère qu’un héritage commun doit être entretenu par les personnes qui ont contribué à l’action et qu’il doit être diffusé maintenant que l’action est révolue. En particulier, le nom de l’action « Corbières Solidaires Grands Feux » ne devrait pas être accaparé pour mettre en lumière l’une ou l’autre des parties prenantes du conflit.
  • La gestion des communs. Le TLPB milite contre la surcapitalisation des fermes et ne souhaite pas devenir un acteur de plus qui s’engage dans cette voie. En particulier, nous pensons la mutualisation du matériel agricole, non pas comme un projet d’acquisition de matériel neuf, mais comme une mise en commun du parc de matériel existant dans les fermes.
  • La volonté de rompre les clivages pour sortir de l’entre-soi.  Le TLPB privilégie d’intervenir auprès de collectifs constitués d’agriculteurs en évitant de répondre à des demandes individuelles. Notre volonté est d’engager des actions pour « faire avec » en refusant systématiquement de « faire à la place de ». En particulier, des moyens spécifiques ont été alloués à l’automne 2025 pour des actions de semis qui engageaient des associations communales de chasse. Les mêmes moyens n’ont pas été proposés à des individus qui ont exprimé la volonté de ne pas agir dans un collectif large ou celle de ne pas s’impliquer directement dans la réalisation.

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