Une traversée artistique en résonance avec le territoire et ses habitants 

En décembre 2025, deux jours d’élaboration avec neuf artistes bénévoles ont donné naissance à une déambulation artistique à Durban-Corbières. Cet évènement a été préparé des mois en amont, en lien étroit avec le collectif Corbières Solidaires Grands Feux du Tiers-lieu paysan Beauregard, mobilisé suite aux incendies dévastateurs du 5 août 2025 dans les Corbières. 

Ce projet est né de l’envie de prendre le temps de ressentir ensemble, à travers l’art, ce que traversent aujourd’hui les bénévoles et habitant·es qui défendent le territoire des Corbières contre la désertification

Moment de citation et de mouvement 

en écho aux témoignages entendus, 

“Peuple des Corbières, en lutte !” scande Gaby artiste et 

habitant de Durban, en haut des gravats 

Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi
Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi

La déambulation a été pensée comme un chemin émotionnel et engagé conçu pour:

  • accueillir la sidération et le deuil des paysages perdus,
  • ressentir l’inquiétude et la colère face aux actions délétères ou absentes de l’Etat
  • laisser place à sa puissance d’agir, la solidarité, la douceur et le soin 
  • ouvrir sur l’espoir, les liens humains et la régénération.

Sans chercher à expliquer ou convaincre, l’art permet ici de toucher autrement, de créer des résonances intimes et collectives. Chacun·e repart avec ce qui fait sens pour lui ou elle, semant ainsi des “graines” qui agissent à un niveau inconscient, émotionnel et durable. pour lui ou elle, semant ainsi des « graines » qui agissent à un niveau inconscient, émotionnel et durable.

Moment de deuil sur un chêne brûlé tandis 

qu’une plantule est posée dans le creux calciné par Boris et Emmanuelle.

‘Be nei’, un chant béarnais à propos de la tristesse de la perte,

 chanté en polyphonie à la MJC par Charlotte, Jeanne et Zao 

Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi
  Photo: ‘Rodolphe’

Photo de répétition du Trio dans la cendre : une expression de la colère et de sa puissance d’agir, avec Charlotte à la danse improvisée, Gaby au slam et Lydia au shruti box. 

Photo: ‘Rodolphe’
Photo: ‘Rodolphe’

Trois principes ont guidé l’élaboration de cette déambulation :

  • Centralité de l’écoute : les récits des personnes touchées par les incendies (agriculteur·ices, bénévoles, habitant·es) constituent la matière première de la création.
  • Accessibilité et lisibilité : une forme compréhensible par un large public, petit·es et grand·es, sans codes artistiques élitistes.
  • Participation : artistes et public sont sur un même plan, invités à participer à une expérience, et non à consommer un spectacle.

La forme de la déambulation en extérieur répond à ces enjeux : elle permet d’aller à la rencontre des habitant·es, d’habiter autrement les lieux marqués par le feu, et d’affirmer que “cet art est pour tout le monde”.

Danse au milieu de broyats végétaux 

avec Charlotte et Rodolphe.

 Sourire de Lydia, musicienne, 

habitante de Durban qui a perdu tout ses instruments

Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi
Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi

Dans le processus de création, nous privilégions un fonctionnement aussi horizontal que possible, inscrit dans une culture de l’autogestion et s’appuyant sur des outils de l’éducation populaire. À partir de l’écoute des témoignages, nous avons notamment construit une frise chronologique des étapes de régénération : d’abord par des nuages de mots réalisés avec des post-it, puis par un travail de synthèse autour de mots-clés. Cette démarche nous a permis de matérialiser le message que nous choisissions de servir.

Moments d’échanges en groupe avec le support de la frise et du déroulé de la déambulation 

La déambulation a pris la forme d’un parcours le long des berges de la Berre, ponctué de tableaux artistiques mêlant :

  • Chant collectif,
  • Danse et mouvement improvisé,
  • Slam et déclamation de citations issues des témoignages
  • Land art à partir de matériaux brûlés et de plantules
  • Peinture sur bois réalisée pendant la déambulation
  • Dessin à la craie, travail de l’argile et sculpture collective.

Le public était invité à se laisser sentir, à dessiner, à modeler de l’argile et à ramasser des objets sur le chemin. A partir de ces sculptures, une œuvre collective a pris forme à la fin du parcours: une manière concrète de dire que la régénération passe aussi par le faire ensemble, par l’attention portée aux liens humains.

Composition collective faite de sculptures d’argile autour d’un ‘gardien’ réalisé par Boris

Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi
Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi

Impacts et perspectives

Environ cinquante personnes ont pris part à la déambulation : des enfants, des habitant·es du village, mais aussi des personnes venues d’ailleurs. L’événement a suscité un accueil très chaleureux. Les bénévoles de Corbières Solidaires Grands Feux ont partagé des retours particulièrement émouvants, empreints de gratitude.

Ils et elles se sont senti·es profondément écouté·es et soutenu·es. Leurs paroles ont trouvé un écho à travers d’autres voix, d’autres corps, et ont pris forme bien au-delà des mots. Les idées portées depuis des mois se sont incarnées avec intensité et sensibilité, créant une vibration commune entre les artistes et le public.À l’issue de la déambulation, ils et elles sont repartis apaisé·es, ressourcé·es, avec une énergie renouvelée pour continuer leur combat pour l’avenir des Corbières.Environ cinquante personnes ont pris part à la déambulation : des enfants, des habitant·es du village, mais aussi des personnes venues d’ailleurs. L’événement a suscité un accueil très chaleureux. Les bénévoles de Corbières Solidaires Grands Feux ont partagé des retours particulièrement émouvants, empreints de gratitude.

Ils et elles se sont senti·es profondément écouté·es et soutenu·es. Leurs paroles ont trouvé un écho à travers d’autres voix, d’autres corps, et ont pris forme bien au-delà des mots. Les idées portées depuis des mois se sont incarnées avec intensité et sensibilité, créant une vibration commune entre les artistes et le public.

À l’issue de la déambulation, ils et elles sont repartis apaisé·es, ressourcé·es, avec une énergie renouvelée pour continuer leur combat pour l’avenir des Corbières.

Moment de mi-clôture ensemble avec un chant d’amour et d’espoir: ‘au delà’ lancé par Zao

Photo issue de la captation de Bertrand Taoussi

Les retours du public nous donnent envie de reproduire cette forme artistique dans d’autres villages aux alentours en collaboration avec des associations locales. 

Nous fonctionnons de manière bénévole et sans subvention, c’est pour cela que votre soutien est essentiel pour permettre le défraiement des artistes et la poursuite du projet. 

Pour nous contacter, nous inviter à faire une déambulation dans votre village: charlotte415petroff@gmail.com

Pour nous soutenir financièrement et permettre la réalisation de nouveaux projets: 

https://www.onparticipe.fr/c/hnUlvA0E