Corbières Solidaires Grands Feux
La démarche
L’action Corbières solidaires grands feux s’est amorcée au départ du dernier grand feu du 5 août. L’incendie était loin d’être maîtrisé et les routes encore fermées quand le Tiers-lieu paysan Beauregard a lancé un appel dans les réseaux : les Corbières ont besoin d’aide, Beauregard se constitue base arrière.
Des animaux sont rapatriés hors de la zone de feu, un approvisionnement d’urgence en eau et en fourrage est mis en place. Le 9 août, les premiers volontaires partent sur les routes, à peine rouvertes à la circulation, pour aller à la rencontre des personnes touchées par le feu. Le 10 août, les premiers chantiers d’entraide sont lancés. Les semaines qui suivent voient ces actions s’amplifier, se structurer.
L’objectif est clair et partagé : être aux côtés des personnes sinistrées, les aider à déblayer, reconstruire, gérer l’urgence ; mais aussi travailler à moyen et long terme pour régénérer le territoire, et faire en sorte que ce type de catastrophe ne se reproduise…
Autour de cette volonté, plusieurs centaines de bénévoles, plus de 80 personnes touchées par le feu accompagnées, et une nombre croissant de structures partenaires du territoire, du monde paysan, des ONG, des scientifiques…
Les actions d'urgence
La priorité a d’abord été de répondre à l’urgence. Et donc pour commencer, d’identifier l’urgence :
Qui a été touché, de quelle façon, quels sont les besoins ?
Pour recueillir la réponse à ces questions, nous avons mis en œuvre des actions d’arpentage : des équipes sont parties sillonner la zone touchée par les feux de l’été, village par village, pour rencontrer les sinistré.e.s, faire un état des lieux des pertes et des besoins, voir de quelle façon on pouvait venir en aide…
A partir des informations recueillies, nous avons pu enclencher les opérations d’entraide solidaire pour répondre aux besoins exprimés :
– les approvisionnements d’urgence en eau, nourriture, fourrage, matériel et matériaux ; le déplacement et l’hébergement d’animaux
– l’organisation de chantiers de déblaiement et de reconstruction
Ces actions d’arpentage, d’approvisionnement et l’organisation de chantiers ont été lancées dès les premiers jours, elles se poursuivent depuis des mois, et continueront encore longtemps.
La régénération
Nous participons aussi à la reconstruction des Corbières. Une fois la phase de grande urgence dépassée, les propositions d’actions de régénération ont commencé à émerger, axées autour du principe de résilience :
– mettre en place des couverts végétaux. Ils vont protéger les sols, retenir l’eau, favoriser la biodiversité, concurrencer les végétaux pyrophiles et limiter les risques liés à des épisodes de pluie méditerranéens.
– promouvoir des alternatives de gestion forestière et valoriser localement le bois incendié. Il doit servir à la reconstruction pour les activités humaines et les sols forestiers.
– implanter l’eau, par l’hydrologie régénérative. Pour ralentir l’écoulement de l’eau dans les paysages, l’infiltrer, la stocker, la diffuser, diverses techniques sont connues et pratiquées dans des zones arides.
– installer des agriculteurs et diversifier les productions, notamment par le développement du pâturage régénératif. L’élevage, conduit de manière approprié, maintient les espaces ouverts et valorise des milieux dépréciés tout en restaurant les sols.
Les actions d'urgence
Arpentages
But et objectifs, nombre réalisés, suites données
Approvisionnements
Appels à dons et prêts de matériaux, outils et alimentation, redistribution et appro des chantiers

Chantiers solidaires
Orga de chantiers de déblaiement et reconstruction, nombres, répartition, etc.

La régénération
Refleurir les Corbières
Semer ensemble les paysages de demain : semer des annuelles sur les terres incendiées, les friches agricoles, les anciennes terrasses pour fixer les sols et limiter l’érosion, retenir et infiltrer l’eau, aider à lutter contre les feux et les inondations, occuper l’espace pour concurrencer les végétaux pyrophiles (pin d’Alep, chêne kermès), créer des microclimats, préparer la venue du pâturage régénératif…
La gestion forestière après les incendies
Accompagner la reprise des forêts et bosquets incendiés, en conservant un maximum de bois sur place. Il doit servir à la reconstruction des abris, clôtures et bâtiments détruits, à la réalisation de fascines pour limiter les pertes de sol, à la confection de broyat pour rendre aux sol forestiers et agricoles la matière organique qui va leur être nécessaire pour se relever des incendies….
Des actions de récoltes et semis de graines d’arbres et arbustes sont en cours de structuration, ainsi que la recherche de filières de plants forestiers pour trouver un maximum d’arbres à replanter.
Dans quelques années, suites aux premières repousses une sélection des arbres à conserver pourra être réalisée pour limiter la prolifération du pin d’Alep et du chêne kermès. Ces arbres seront à protéger, dans la mesure du possible, des animaux et du climat pour une meilleure reprise
Hydrologie régénérative
L’hydrologie régénérative : cultivons l’eau. Pour ralentir l’écoulement de l’eau dans les paysages, l’infiltrer, la stocker, la diffuser, diverses techniques sont connues et pratiquées dans des zones arides : retenues collinaires et ouvrages castor, Keyline design associé à la reconstitution de l’humus des sols, choix de végétaux favorisant l’eau…
Installation et diversification pour le pâturage régénératif
Installer des agriculteurs et diversifier les productions, notamment par le développement du pâturage régénératif. L’élevage, conduit de manière approprié, est une composante incontournable d’une correcte restauration des Corbières. Pour maintenir les espaces ouverts et valoriser des milieux dépréciés tout en restaurant les sols, les troupeaux, associés à des formes d’agro-sylvopastoralismes, sont une réponse économiquement et écologiquement adaptée, qui permet en outre une diversification économique grâce aux produits et sous-produits agricoles (la viande, les produits laitiers, la laine, le cuir, le bois, les composts, les fourrages et grains, etc.) et artisanaux (les textiles et objets en cuir, les matériaux pour la construction et l’isolation, le chauffage…)
Tout cela ne se fera pas sans installer de nouveaux.elles paysan.ne.s et diversifier celles et ceux qui existent. Ca demande la mise en place d’accompagnement technique, le développement de filières (d’approvisionnement et de commercialisation), l’implication des citoyen.ne.s, la mise en réseau, etc.